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De la gare centrale au fleuve, 1er jour

16 Décembre 2012, 21:42pm

Publié par citybrainproject.over-blog.com

De Rotterdam Centraal station aux rives de la Nouvelle Meuse

Jeudi 31 Mars 2011, 1er jour d'exploration / Après Bilbao et Malmö, nous voici en direction de Rotterdam. Le voyage s’est fait à bord d’un TGV de la compagnie transnationale Thalys au départ de Paris, Gare du Nord. Moins de trois heures suffisent pour rejoindre Rotterdam, situé au Sud de la Hollande, après avoir traversé la Belgique, en passant par les villes de Bruxelles et d'Anvers. Entre Rotterdam, La Haye et Amsterdam, les distances sont relativement faibles, la durée de trajet est d’environ une heure seulement, avec un train interrégional. Depuis la fenêtre de notre train, on peut observer la continuité urbaine entre ces villes. Celles-ci forment avec la ville d’Utrecht, la conurbation du Randstad, qui avec ses sept millions d'habitants, est l’une des plus importantes aires urbaines d’Europe.

 


L'arrivée par le TGV Thalys à la gare centrale de Rotterdam.

 

L'arrivée en gare, the best impression… is the first impression

A la descente du train, à Rotterdam Central, principale gare de la ville, on est rapidement saisi d’une sensation étrange. Il n’y a pas de véritable hall de gare. L’équipement donne à voir un espace de transit, un lieu de flux sans charme, ni âme, pourtant traversé par plus de 110 000 passagers par an. Le terminal a une vocation temporaire, il remplace l’ancienne gare vétuste qui fut édifiée en 1957 puis détruite en 2007, en raison de son incapacité à accueillir un nombre croissant de passagers. L’arrivée du train à grande vitesse en 2004 avait déjà contraint à une reconfiguration de tout le site.

Aux abords de la gare, le paysage est un peu surréaliste. D'importants travaux d’aménagement en cours côtoient quelques une des nombreuses tours de bureaux de la ville, dont les emblématiques banque ING et le Manhattan Hotel Rotterdam. Difficile d’imaginer à cet instant, l’ampleur de la mutation à l’œuvre qui aboutirait trois années plus tard, en 2014, à l’inauguration d’une somptueuse gare ultramoderne et au réaménagement de son parvis. La grande transformation du site de la gare, avec ses désagréments occasionnés, aura duré,  au total, au moins 7 ans.

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Entrée de Rotterdam Central station. La gare connait d'importantes restructurations ; la construction du nouveau terminal s'achève en Mars 2014.

 

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Panorama de Rotterdam Centraal. On observe la skyline visible dès l'arrivée en gare.

La nature du paysage urbain frappe d'entrée le visiteur. On ne s’est pas très bien si l'on débarque au cœur d’une ville ou de sa périphérie, si l'on se trouve dans un quartier d’affaire excentré ou intégré au centre-ville. On découvre de larges artères faisant davantage penser à de grandes autoroutes traversant le cœur de la ville ! En s’engageant dans la grande avenue Weena, qui longe la gare en direction de la place Hofplein, on arrive au niveau d'une jonction d'où part l’avenue Coolsingel, l’une des principales de la ville, en direction du fleuve New Maas (Nouvelle Meuse) et du fameux pont Erasmus, vers lequel on se dirige. 

 

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Les deux immeubles Gebouw delftse Poort (en anglais Delft Gate Building, 151 m) abritant les locaux de la "Nationale Nerderlanden", branche assurance de ING, sur l'Avenue Weena, aux abords de la gare centrale

A mesure que l'on progresse dans le centre, on est stupéfait de découvrir le visage d’une cité où les principes d’un urbanisme moderne caractéristique des années 1950-1970, sont à ce point prégnants. La verticalité et la rigueur géométrique des formes urbaines, masque difficilement les cicatrices des effroyables destructions causées par le bombardement dévastateur de la Luttswaffe. Le 14 mai 1940, le centre ville fut rasé sur un périmètre de 2,6 km2, nécessitant son entière reconstruction. L’urbanisme brutaliste et fonctionnaliste, de vigueur dans un grand nombre de villes en Europe, avait alors dicté le redéveloppement de la ville à partir des années 1950. Les traces de ces vigoureuses transformations sont bien visibles.

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Photo de l'Avenue Coolsingel, en centre ville.

 

De grandes voies de circulation automobile sont bordées de larges voies réservées aux piétons et aux cyclistes. Rotterdam m’apparaît emblématique d’une ville « fonctionnelle » à tout point de vue, notamment à travers son environnement urbain façonné par les activités commerciales, financières et, comme on le verra plus tard, le secteur industrialo-portuaire.

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Photo prise sur l'avenue Coolsingel, à droite l'immeuble De Coopvaert (103m)

Impression aux abords du fleuve Nieuwe Maas

En arrivant à hauteur du fleuve Nieuwe Maas (en français, la Nouvelle Meuse), on aperçoit à l’horizon une multitude de gratte-ciel, répartis sans cohérence apparente mais dont l’aspect extérieur détonne. Depuis les années 1990, une quinzaine d'immeubles de plus de 100 m de hauteur ont poussé à Rotterdam, majoritairement dans le centre, conférant à la ville cette verticalité que l’on trouve relativement peu en Europe. En face de nous, le moderne pont Erasmus, possède une forme originale qui évoque un somptueux signe blanc prenant son envol. De l’autre côté du fleuve, sur l'autre rive de la ville, le quartier vitrine Kop Van Zuid dévoile sa superbe skyline vraisemblablement de construction plus récente, et surtout l’imposante tour World Port Center, de 124 m de hauteur, œuvre de l’architecte britannique star Norman Foster, qui abrite le siège social de l’autorité portuaire de Rotterdam.

Le paysage se présentant à nos yeux procure de fortes sensations. On y perçoit l’image d’une métropole européenne dynamique, tandis que nos premières impressions plutôt négatives changent quelque peu. Néanmoins, l’absence frappante d’édifices et de quartiers anciens en centre-ville, causée par les destructions et reconstructions d'après-guerre ne passe pas inaperçue, à l’origine de ce sentiment troublant que l'on a, de se trouver dans une ville sans véritable « cœur »,  dont les éléments d’identité semblent comme masqués.

 

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